Jeudi 28 avril 2011 4 28 /04 /Avr /2011 16:26

denise bernardtNée à Cannes en 1942, Denise BERNHARDT écrit ses premiers poèmes à Annecy et, dès 1956, est publiée par Le Républicain Savoyard et le Dauphiné Libéré. Elle est membre de la Société des Gens de Lettres, sociétaire de la Société des Poètes Français, sociétaire de la Société des Poètes et Artistes de France ainsi que d'autres associations. Elle publie plusieurs recueils ainsi que des recensions et articles pour des revues littéraires. Elle a publié entre autresOù la lumière se Pose (éd. St Germain des Prés, 1997), Dialogue Ensoleillé avec René Eyrier (La nouvelle Pléiade 1999), Prix Aragon de la Société des Poètes Français, La crime (Les presses littéraires 2001) Prix de la Fondation Yolaine et Stephen Blanchard, Adagio Prix de l'Ouvre Boite 2002 (publié par l'association), L'Âme Nue (Les presses littéraires 2004) Prix Virgilio Marone en Italie (traduit en créole par Fred Edson Lafortune), Les Braises noires publié en septembre 2006 par RALM (La Revue d'Art, de Littérature et de Musique) et téléchargeable en PDF (62ko) sur le site www.artistasalfaix.com  

 

 

DOVILAS ANDERSON

pour son livre : "  LES ILES EN ACCENT AIGU "
  
  
TELLE UNE ECORCE VIDE
 
Le temps des amours passionnées
Est déjà mort de ses embrasements.
Je ne connaîtrai jamais
La douce fureur de tes nuits
La sueur perlée des étreintes
Les enroulements de nos corps triomphants.
 
Je ne connaîtrai  pas tes mots-fruits
Nés de la terre insulaire,
Ni les caresses de tes doigts
D'algues brunes
Ondoyant sous l'écume de mer.
 
Je vivrai tes folies
En dévorant tes pages
Je boirai ta bouche tendre
A la cruche de clarin,
Je prendrai des morceaux de ton coeur
Entrelacant des fleurs d'améthystes
A des tiges d'opale.
 
Au coeur de la nuit
Tu viendras comme une âme
Effleurer une autre âme.
 
Je sècherai mes cheveux
A l'ambre de ta peau,
Et je sèmerai les ruisseaux de tes veines
D'ocelles salées par les embruns,
 
Pour qu'à l'aube silencieuse
Se referment nos mains
Comme des coquillages.
 
                   Denise Bernhardt
 
                   Montmorency , nuit du 19 Avril 2011
 
Par Anderson Dovilas
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Dimanche 27 mars 2011 7 27 /03 /Mars /2011 05:37

        LETTRE A MON GRAND VOLCAN

                                 PAULETTE POUJOL ORIOL

Honneur !

Ce trois mars,  dans une enveloppe  déposée par Georges sur ma table de travail et qui  annonce notre ultime échange épistolaire, repose une carte recouverte de ton écriture aux jambages amples me faisant penser à l’élégance de ta main.  Tu m’écris, je te cite :

« Mon petit volcan, le rire n’est pas la forme la plus efficace contre le désespoir. Courage ma chérie, nous les aurons ».  Je me mets alors, à remonter le temps, grâce auquel, je me suis enrichie de ton affectueuse amitié, de nos bavardages souvent précipités (si tu es prise par d’autres pensées), ou très longs et croustillants (si tu en as le loisir).  Moi, t’écoutant, toi, poussant le raffinement du langage jusqu'à la perfection.  Il me prend envie, de revivre nos rencontres du vendredi.  On s’invite mutuellement, toi, Adeline, Lucienne, Denise, Nounette et moi la benjamine. Autour d’une bonne table, tu es une gourmande heureuse de littérature et de victuailles.  Nous nous cramponnons à nos rires, les unes aux autres, partageant nos confidences.  Pour un moment, nous connaissons une oasis de paix, un bain d’amour.  La nostalgie du temps passé chevauche les titres

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de l’actualité. Sans balise, nous nous laissons aller à être nous- mêmes, certaines de la complaisance des autres. Ah ! Nos  vastes éclats de voix,  nos mots savants.  Les petites chamailleries  de Lucienne et Denise provocant nos rires paillards.  Facile et aisée, la conversation porte sur la philosophie, la politique, la spiritualité, les coquineries de couple, Sacha Guitry, la musique savante et profane, les gens que nous aimons et ceux qui révolutionnent le monde. Entre deux verres, nous nous révoltons contre l’ensommeillement de l’intelligence ou sa mise a mort dans une société  à la critique partisane.  Tu t’émerveilles de la capacité de création de ton peuple malgré la déficience ou l’absence de structure d’état. Tu oublies de souligner  ton rôle combien important dans la prolifération de l’art haïtien.  Dans un pays ou les conflits  entravent l’essor artistique et les percées individuelles, nous sommes fières de te compter parmi ceux-là qui maintiennent dynamiques des centres d’apprentissages ; ne négligeant aucun sacrifice à consentir pour trouver la piste grâce a laquelle,  transmettre ce qui n’est pas partageable : les expressions et les impressions.  Le Picolo permet à bien des jeunes de maitriser la gestuelle théâtrale.  Au de notre intelligentsia.  Témoin de toutes les outrances du genre, tu en subis les déchirements. Faut-il pour autant renoncer à croire à un lendemain meilleur pour Haïti ? « Ne crains rien ma chérie, m’écris-tu, nous les aurons ». Non, mon grand volcan ne renonce jamais. Haïti d’abord.

La rumeur d’incompréhension enfle de sa voix les voies de communication. L’écriture devient un frêle esquif dans la tourmente de l’acculturation, des kidnappings, des assassinats. Nous passons le temps à rafistoler nos âmes, pour atténuer les coups du sort. Avec pour unique certitude une spiritualité profonde, la fulgurance de la douleur et un nationalisme accompli, tu fais face  aux polémiques. Obstinément raisonnable, tu demeures la défenderesse acharnée  du bon droit et de l’honneur. Nous avons toujours su compter sur toi. N’es- tu pas le grand volcan ?

A ton contact, depuis tant d’années, j’ai le privilège et le bonheur de m’instruire, apprenant les leçons de vsein de l’ENARTS, tu inities une pléiade d’artistes à la valeur rédemptrice de l’écriture et du plaisir  esthétique.  Au nom de tous ces jeunes, je te remercie et te rends hommage aujourd’hui.

Les combats renouvelés, les batailles perdues n’ont jamais rencontré  chez toi les lamentations pathétiques.   Je te revois, sure de tes convictions, foncer dans la mêlée, maitrisant l’angoisse et le

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douloureux ressassement des velléités belliqueuses d’étudiants, menaçant de destruction, les structures mises en place, grâce a une éthique  professionnelle, inlassable et désintéressée.  Je te vois réagir, stoïque a une période féconde de déceptions et a la continuité tragique  de la scène citadine.  Je te vois te démener, contre cette latence favorable au piège de la médiocrité qui s’agrandit, provocant l’amplitude du malheur ie dans ta prose du réel et ta poésie de la forme. Avec toi, j’apprends que les livres ne sont pas seulement des objets porteurs de mémoires, mais aussi, des

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dénonciateurs véhéments, de la médiocrité responsable de tant de maux dans une société. Tu m’enseignes, que la souffrance se nourrit de silence, alors que, les mots engendrent un dialogue salvateur. Tu me dis également, de cultiver l’art d’aimer pleinement la famille et les amis. Ce n’est pas chose aisée dans la pratique mais, c’est le meilleur rempart contre le désespoir et le défaitisme, quand on se heurte à ses limitations. Ce qui est inévitable dans un cheminement de vie.

Sans fanfare, ni falbalas, tu fermes les volets sur ton érudition et  ton amour de la vie. Dans un dernier geste élégant, tu tires ta révérence et entres dans le « sfumato » de l’intemporel. Ton ascension vers la Lumière laisse un profond vide esthétique dans le milieu littéraire et artistique.

Un poto-mitan de la culture haïtienne, une femme vaillante s’est effondrée. C’est à nous d’accompagner ceux qui restent. Orphée charmait de sa lyre les humains, les fauves, les rochers, les flots et même les chiens des enfers.  Mon grand volcan, tu sauras, par la beauté de ton âme, charmer le chœur des anges accompagnateurs, afin qu’ils te portent au plus vite vers l’absolue vérité de Dieu.

Adieu mon grand volcan

Respect

Ton petit volcan Marie Alice

(13 mars 2011) 

                        

 

Par Anderson Dovilas
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Lundi 31 janvier 2011 1 31 /01 /Jan /2011 13:58

 

A Port-au-prince que j’aime tant, au professeur Anil Louis Juste et à toutes les victimes du 12 janvier.

 

Epicentre

 

Angle rue capois et la fleur du chêne

Et les  mots me prennent au collet

Et les maux me fusillent

Tout le pays est fissuré

Et toutes les rues encombrées

Et puis malheur

Et puis pleurs

Et puis l’eau

Et puis manger

Et puis l’école

Et puis l’église

Et puis organisation

Et puis non

Et puis gouvernement

Et al…

Et puis maisons

Et puis nos maisons en démolition

Et puis initiative

Et puis Clinton

Et puis recolonisation

Et puis tente

Et puis camps

Camps de concentration

Et puis armes

Et puis yankees

Et puis nations unies

Et puis mort né

Et puis palais

Et puis colère ras gorge

Et puis Cap haïtien

Et puis Gonaives

Et puis Hinche

Et puis Port-au-prince

Et puis continui-thé

Saisissement

Et puis honte

Honte sur nous

Et puis rien

Rien du tout.

 

 

Anil Louis Juste

 

Ah ! J’ai gardé ta mémoire, le Nil

Nil de mon cœur

Nil de mes amours

Tu luis juste en nous

Et j’annule tous ceux qui t’annulent.

 

 

 

Par Anderson Dovilas
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Samedi 25 décembre 2010 6 25 /12 /Déc /2010 03:45

 

« MES CORPS « 

Edition Rivarticollection  2005

Réedité par ZOE VALDES – Paris 2009

 

Voyage en pays d’amour , parsemé de miroirs, errance équivoque, où se perd le reflet de l’Autre.

« Mes Corps » poème d’une longue nuit ponctuée d’orgasmes et de cris, mais où nous conduit le vertige des passions. ?

« le chemin était beau » dans la distorsion des paysages, où affluent les images,

Ce recueil n’est pas à décoder, il est l’instant, dans la violence  des sens  exaltés  où la conscience se fragmente, ne laissant subsister que des éclats épars, des perceptions fractionnées resurgies du réel qui clame encore sa présence.

«  chaises vides…. maisons en soutien -gorges……une table ,des livres….des portes sans issue…. »

Ce qui n’est pas sans évoquer les étrangetés du Surréalisme.

 

Des précisons s’imposent,porteuses de mystère :

« la mer se ballade dans mon sein gauche….

Fourmillement d’électricité dans l’oreille gauche…. »

et nous invitent à décrypter le langage des sens. Ainsi Kerline Devise nous fait entrer dans l’univers fluide d’Eros.

« je bois mon sommeil…..

l’horizon qui dégouline….

L’âme baignée de secrétions vaginales 

Mon sexe coulait sur la lumière »

 

Comme si l’acte d’amour nous faisait replonger dans les abîmes liquides des origines.

Mais l’érotisme recèle de la violence , de la cruauté qui ne sont que paroxysme et jouissance exacerbés :

« schizophrénie en caractères d’eau…..

J’entendais des chiens entrer dans ma faim « ( en peinture le chien est bien souvent un symbole sexuel )

« la vie roule par terre comme une épileptique …. »

 

Les instants juxtaposés que nous offre Kerline Devise conjuguent avec aisance les délires les plus fous et le lyrisme de la beauté.

 

 

«  Des paysages immenses se couchent

sur ma langue…..

Je léchais l’obscurité comme une mèche de tes cheveux … 

Ce point où le corps donne naissance à des astres »

 

Car c’est bien de sublimation qu’il s’agit.

« Je verse mon visage dans le chant de la mer… »

 

Seuls les artistes ont le don de magnifier l’amour, de l’élever à des altitudes où il trouve enfin son sens, où les signes se déchiffrent dans la calligraphie des corps.

 

« Combien j’ai pu renaître, cent fois, mille fois … !

 

L’érotisme nous est donné comme un art par lequel nous échappons au monde, emportés sur les ailes de l’ange. Moments privilégiés où la mort s’ensommeille, où la peur ferme les paupières  quand le désir trouve enfin son achèvement.

Amour miroir, dédoublement,

« Mon œil assis

A coté de mes rêves

Balançant les pieds dans l’horizon « 

« Mes Corps » nous entraînent dans une danse rituelle , qui nous permet d’entrer dans un espace divin,tel le mouvement solaire des

derviches.

Cette œuvre de Kerline Devise nous conduit à la limite de l’humain sur des rivages où l’esprit vient s’anéantir :

« Amour,

l’agonie de mes pas enlaçant tes pas…

Quand toute nue je serais la proie entière

De tes abîmes…

Mon sang coulera jusqu’à mon rire »

Prenons garde quand Kerline Devise nous parle de « Mes Corps », qu’elle ne dévoile pas nos âmes.

                                                            

                                           Denise Bernhardt

                             Membre de la Société des Gens de Lettres

Par Anderson Dovilas
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Dimanche 21 novembre 2010 7 21 /11 /Nov /2010 16:05

      Fantasmes

Je ne sais pas si je suis                                             

celle qui marche

aux rives de ton coeur,

mais je suis l'ombre douce

qui caresse ta joue

aux premiers souffles de l'aurore.

 

Quand je dépose ma souffrance

mèlée de baisers étoilés

aux creux de tes mains offertes,

 

Tu es mon ange

à l'épée de lumière

venant déchirer

le voile de mes nuits.

 

Denise

 

Montmorency le 20 Novembre 2010


         

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Anderson Dovilas
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  • Etudiant
  • Né à Port-au-Prince le 02/07/85, Dovilas Anderson est Poète, Peintre, Haikiste et Comédien Haïtien. Il a une formation en Histoire de l’Art et il est un étudiant à l’Université d’Etat d’Haïti (UEH). Faculté de Linguistique Appliqué

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